En bref
- Des utilisateurs sans droits d’administration peuvent perdre leur connexion RDP lorsque la protection administrateur est active sur le poste distant.
- Sur certains serveurs Exchange, les courriels peuvent rester en attente et l’accès par navigateur peut échouer sous forte charge.
- Smart App Control peut devenir impossible à activer ou à réactiver après l’installation du correctif Windows 11 d’octobre.
Trois fonctions touchées après les mises à jour
Les mises à jour Windows distribuées avec les correctifs d’octobre provoquent plusieurs dysfonctionnements, selon Microsoft et le média allemand heise Security. Les utilisateurs peuvent perdre l’accès à un bureau distant, rencontrer des blocages de messagerie ou ne plus pouvoir activer une protection de Windows 11. Ces effets concernent surtout les environnements professionnels, où ces fonctions relient postes, serveurs et comptes d’entreprise. Ils ne décrivent donc pas une panne unique, mais plusieurs régressions apparues après des mises à jour récentes.
Le cas le mieux documenté concerne Remote Desktop Protocol, ou RDP, le système qui permet de contrôler à distance un ordinateur Windows. Microsoft relie le problème à la mise à jour préliminaire non sécuritaire du 22 septembre 2026, ainsi qu’aux mises à jour suivantes. Deux autres effets concernent Outlook on the Web, aussi appelé OWA, et Smart App Control. OWA donne accès aux courriels depuis un navigateur, tandis que Smart App Control est une fonction de protection qui contrôle les applications sur Windows 11.
Des connexions à distance refusées
Après l’installation de KB5124010 ou d’une mise à jour ultérieure, certains utilisateurs sans droits d’administration ne peuvent plus ouvrir une session RDP. L’échec survient lorsque la machine distante utilise la protection administrateur, une fonction qui renforce l’usage des privilèges élevés. Windows renvoie alors le code 0xC000000D et indique que le jeton transmis n’est pas valide. Un jeton est une donnée utilisée par le système pour représenter les droits associés à une connexion.
Microsoft précise que le défaut vise principalement les postes d’entreprise employés comme hôtes de bureau à distance. La fonction concernée est activée par défaut dans les référentiels de sécurité Windows 11 24H2, 25H2 et 26H2, sauf changement interne de politique. Le problème ne touche pas les plateformes Windows Server d’après la fiche fournie. Microsoft le classe comme atténué, mais prépare encore une correction destinée à une future mise à jour.
La mesure temporaire consiste à désactiver la protection administrateur sur les appareils concernés. Les équipes informatiques peuvent réinitialiser la politique correspondante avec Microsoft Intune, un service de gestion des appareils, ou avec une stratégie de groupe. Cette dernière applique des réglages communs aux ordinateurs d’une organisation. Microsoft demande ensuite un redémarrage pour que la modification prenne effet.
Exchange ralenti par une limite sous forte charge
Le second incident touche des serveurs Exchange installés dans les locaux de l’organisation, selon la documentation Windows Server de Microsoft. Après le correctif KB5126646 d’octobre, certains utilisateurs peuvent échouer à se connecter à OWA ou ne plus envoyer leurs messages normalement. Des courriels expédiés depuis Outlook peuvent rester en attente, et la réplication des boîtes peut ralentir. Cette réplication copie les données entre serveurs afin de maintenir les boîtes disponibles.
Microsoft indique aussi que les files d’attente de messages peuvent fortement grossir et que le journal des applications peut afficher l’événement 1006. Le phénomène apparaît même sans les mises à jour de sécurité supplémentaires propres à Exchange. La mise à jour Windows a instauré une limite de 512 appels simultanés pour la recherche de points de communication. Sous forte charge, cette valeur par défaut peut devenir insuffisante sur les serveurs Windows de 2016 à 2025.
Le contournement documenté consiste à porter cette limite à 65 536 dans le registre Windows, puis à redémarrer le serveur. Le registre est l’espace où Windows conserve certains paramètres techniques. Les administrateurs de serveurs Exchange touchés peuvent aussi contacter le support Microsoft pour obtenir une mesure supplémentaire. Microsoft classe le problème comme atténué et poursuit son enquête, sans présenter cette modification comme une correction définitive.
Une protection impossible à réactiver
Sur certains ordinateurs Windows 11, le correctif KB5127648 d’octobre empêche l’activation de Smart App Control, selon Microsoft. Lorsqu’elle était inactive avant la mise à jour, son interrupteur peut rester grisé. Les appareils sur lesquels la protection était déjà active ne sont pas touchés et restent protégés. Cette limite empêche donc une activation normale depuis l’application Sécurité Windows, sans désactiver les installations déjà protégées.
Heise Security affirme avoir reproduit ce comportement sur plusieurs ordinateurs, sans donner de nombre global de machines concernées. Microsoft propose deux valeurs de registre, l’une pour rétablir l’activation et l’autre pour rendre la journalisation disponible. Un redémarrage doit ensuite permettre de remettre la fonction en service. Dans les entreprises, deux stratégies de groupe peuvent remplacer cette manipulation manuelle du registre.
Ces solutions restent temporaires. Microsoft annonce de futures corrections pour RDP et Smart App Control, mais ne donne aucun calendrier dans les pages consultées. Heise Security déconseille de retirer les correctifs de sécurité d’octobre, car ils ferment notamment une faille déjà exploitée. La situation oblige donc les équipes informatiques à traiter les régressions sans supprimer l’ensemble des protections installées.
Ce qui reste à confirmer
Microsoft confirme séparément les problèmes RDP, Exchange et Smart App Control. Aucun volume global de machines touchées n’est publié. L’observation de heise Security sur plusieurs ordinateurs ne permet pas d’estimer la fréquence du défaut. Les pages consultées ne donnent pas de date pour les corrections définitives, et les modifications du registre doivent rester limitées aux systèmes concernés.
